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Comment passer des vacances éthiques et responsables ?

Par Lucas Le vendredi 26 juin 2020

vacances

Avec 1,4 milliard de voyageurs dans le monde en 2018, on ne peut pas se voiler la face, le tourisme est un secteur qui génère des impacts négatifs sur l'environnement, l'utilisation excessive des ressources naturelles et la mise en péril de la biodiversité. C’est aussi l’une des activités les plus polluantes lorsqu’on cumule le transport, l’hébergement, la nourriture, les déchets etc. À La Fourche, on cherche avant tout à vous donner les clés pour mieux consommer. Et sur la question des vacances, plein d'alternatives plus responsables que la semaine en all-inclusive à l'autre bout du monde existent !

Alors, quelle est la différence entre tourisme vert, vacances responsables, slow tourisme ou séjour éco-responsable ? Comment limiter l'empreinte carbone de nos trajets ? Quelles bonnes pratiques mettre en œuvre une fois sur place pour ne pas gaspiller nos ressources ? On vous donne quelques conseils pour passer des vacances éthiques et responsables.

Réfléchir à une destination écoresponsable

Les voyages forment la jeunesse, disait Montaigne. Mais au sens du philosophe, il s'agit plus d'un état d'esprit, prêt à s'ouvrir et à rencontrer d'autres cultures, qu'un simple voyage à l'étranger. L'imaginaire collectif a longtemps associé le mythe du grand voyageur à des destinations lointaines et exotiques. Pourtant, le dépaysement n'est pas forcément là où on l'attend. Vous pouvez partir en Thaïlande ou au Mexique en séjourner dans un hôtel all-inclusive où vous ne découvrirez rien de la culture locale.

De la même façon, il n'existe pas vraiment de destination écoresponsable à proprement parler, même si certaines communiquent beaucoup à ce propos. Par exemple, on peut voyager en Italie de façon éthique et responsable en séjournant dans de petits hébergements et en faisant attention à consommer des produits locaux (huuummm les pâtes fraîches à la sauce tomate maison !). À l'inverse, on peut décider de voyager en Italie d'une manière... pas responsable du tout ! Par exemple, en partant faire une croisière à bord d'un paquebot de la taille d'une tour Eiffel couchée, en compagnie de 7000 (!!) autres passagers, ce qui représente un désastre écologique majeur.

Finalement la destination la plus écologique qui soit sera a priori... la plus proche ! Car on y reviendra un peu plus loin dans cet article, le nombre de kilomètres à parcourir va avoir un coup non négligeable dans l'impact global de nos vacances responsables.

Vivre de belles expériences près de chez soi

Vous avez envie de passer des vacances éthiques et responsables ? Inutile de faire des kilomètres pour vivre des expériences enrichissantes. On ne veut pas être trop chauvins, mais si la France est la première destination touristique du monde, ce n'est pas pour rien ! Avec une diversité incroyable de paysages entre mers et montagnes et des activités sportives ou farniente pour toute la famille, il y a de quoi faire.

Bien sûr, en France aussi, il faut parfois éviter les écueils du surtourisme et éviter certains lieux qui sont surfréquentés à certaines périodes de l'année (coucou les Calanques de Marseille l'été !). Comme il n'est pas toujours facile de trouver les bons plans pour éviter les foules, vous pouvez demander de l'aide à certains acteurs spécialisés dans les micro-aventures ou les voyages en plein nature.

La communauté Chilowé sélectionne par exemple de belles micro aventures à faire partout dans l'hexagone : aller chercher du Brie de Meaux à vélo, descendre l'Allier en canoë ou encore, traverser les Cévennes en âne. L'avantage ? C'est peu coûteux et ça fait moins de mal à la planète !

Plus spécialisés dans le voyage d'aventure, Explora Project propose des voyages pour se dépasser tout en se reconnectant à la nature. Pour chacune de leurs expéditions, un calcul de l'empreinte carbone est fait en prenant en compte le transport, l'hébergement et les activités sur place.

Une autre option économique est le Wwoofing. Le principe ? Les volontaires s'initient aux savoir-faire et aux modes de vie biologique, en prêtant main-forte à des agriculteurs ou à des particuliers qui leur offrent le gîte et le couvert. Il suffit d'adhérer à l'association pour 25€/an et vous avez accès aux fermes disponibles partout en France.

Pendant deux à quatre semaines en moyenne, les Woofers sont mis à contribution pour ramasser des fruits, s'occuper des moutons ou encore construire des bâtiments. En échange, ils bénéficient d'un cadre naturel, mangent bio et local, et partagent le quotidien de passionnés loin des villes.

Vacances éco-responsables

Déchiffrer le tourisme vert

Ecotourisme, tourisme durable, tourisme solidaire, tourisme responsable... Difficile de s'y retrouver parmi la nébuleuse offre touristique "green" ! De plus en plus d'acteurs traditionnels du tourisme s'emparent de ces termes pour faire du greenwashing. On vous partage donc une petite définition de chacun d'entre eux pour y voir un peu plus clair.

Le tourisme responsable est une forme de tourisme respectueux des espaces naturels et des communautés rencontrées. Son objectif est de mettre en place des activités qui respectent et même aident à préserver les ressources naturelles et culturelles d'une zone traversée.

L'écotourisme ou tourisme vert a principalement une dimension environnementale. Le respect de la biodiversité et la sensibilisation aux enjeux environnementaux sont centrales dans l'écotourisme. Attention toutefois, si l'écotourisme participe à la conservation d'espaces naturels dans une zone précise, il ne prend souvent pas en compte l'impact environnemental de se rendre jusqu'à ces zones.

Le tourisme équitable est inspiré du concept de commerce équitable. Le principe est de faire en sorte que les retombées économiques du tourisme bénéficient aux communautés locales. On l'appelle parfois tourisme solidaire ou tourisme communautaire. Il est cependant différent du tourisme humanitaire dont la vocation première est d'améliorer les conditions de vie des populations.

Vous êtes un peu perdus dans toutes ces définitions ? Vous pouvez aller faire un tour sur Voyageons Autrement. Le site est un portail d'informations sur l'écotourisme au sens large et met en avant les acteurs engagés partout dans le monde, proposant des voyages "différents", en ce qu'ils limitent les impacts sur les sites et l'environnement, et respectent les hôtes et les voyageurs. 

Enfin, si vous souhaitez échanger avec d'autres voyageurs, Echoway est un espace de rencontre entre les passionnés et les communautés locales. L'association informe et sensibilise les voyageurs sur les lieux d’accueil du tourisme responsable, et développe des solutions pour limiter l'impact négatif du tourisme sur les populations locales.

Opter pour le slow tourisme

Le slow tourisme c'est littéralement voyager en prenant son temps. On a tendance aujourd'hui à vouloir tout voir à un rythme effréné lorsque l'on voyage. Pourquoi c'est un problème ? Parce que cette façon de voyager nous incite à prendre plus souvent des moyens de transports polluants, à enchaîner les visites des lieux les plus connus et visités sans prendre le temps d'aller à la rencontre des lieux plus confidentiels. Ce mode de voyage participe à créer des zones de tension qui se développent uniquement pour le tourisme de masse (dont l'emblème sont les vendeurs de souvenirs made in China aux abords des points d'intérêts les plus connus).

De plus en plus de passionnés se tournent donc vers le slow tourisme. L'idée est non seulement de changer de lieu moins souvent mais aussi de prendre le temps de découvrir les territoires visités. Très schématiquement, on troque les vols internes en avion pour aller voir le Machu Picchu en vitesse contre une balade à vélo ou une marche vers le joli panorama du village avoisinant. Et du point de vue de l'impact écologique des vacances, ça change tout !

Limiter l'empreinte carbone du trajet

Alors que Haut Conseil pour le climat vient d'épingler la France pour ne pas agir contre le réchauffement climatique, en partie à cause des transports (31% des émissions de gaz à effet de serre), de plus en plus de personnes renoncent à prendre l'avion pour limiter l'impact carbone de leur trajet.

Prendre conscience de l'impact carbone de l'avion

Un aller-retour Paris Bali émettrait autant de carbone qu'une année de vie en France, une prise de conscience générale pousse certains au Flygskam, la honte de prendre l'avion, une notion initiée par les suédois.

L'avion est responsable de 3% des émissions totales de gaz à effet de serre, un chiffre qui peut paraître assez faible. Sauf qu'avec une croissance du trafic en hausse de 3,5 % par an, l’Association du transport aérien international (IATA) prévoit que le trafic aérien pourrait atteindre 20% des émissions totales en 2050 !

Et c'est sans compter les autres conséquences qu'on a du mal à évaluer ! En effet, les émissions de CO2 ne représentent qu'une partie de l'impact climatique de l'aviation, d'autres gaz à effet de serre (oxyde d’azote par exemple) ont un effet significatif. 

Quelques conseils pour les vols long-courrier

  • Pensez aussi à voyager léger ! Si les quatre milliards de passagers annuels allégeaient de 100g avant d’embarquer, 50 000 tonnes de carburant seraient économisées chaque année… Soit 1 000 vols Paris Bombay !
  • Privilégiez certaines compagnies écoresponsables : Tui Airways, Air Canada, KLM, Avianca, Xiamen Airlines et LATAM Brasil. Selon le classement 2018, elles émettent moins de gaz à effet de serre, en partie grâce à des flottes récentes et modernes. 
  • Evitez les vols avec escales, car la consommation de kérosène est accentuée lors des décollages et atterrissages. 
Impact passer CO2 Paris Lyon

Comparaison entre les différents transports. Chiffres ADEME.

Privilégier le train quand c'est possible

Des lignes européennes sur des distances moyennes devraient être rayées de la carte, comme Bruxelles Amsterdam (200km), faisables avec le train. La France est encore frileuse sur le sujet, alors que 13,8 millions de vols seraient remplaçables par moins de 5 heures de train, qui est 160 fois moins polluant par heure que l'avion. 

Avec une émission de 13 à 43g CO2/km, le train est le transport le plus écologique. Le plus grand inconvénient, c'est le prix. La révolution du yield management (optimisation du chiffre d’affaires à travers une tarification flexible) est lente pour le train ; à moins d'acheter ses billets à l'avance, les TGV restent chers.

Pour partir en vacances, il reste encore l'option bus ou la voiture, qui polluent beaucoup aussi. Un kilomètre en avion équivaut à un kilomètre seul en voiture, mais si on calcule les émissions de CO2 par heure de transport, une heure en avion est 13 fois plus polluante qu’une heure en voiture. Il est donc préférable de prendre la voiture, sachant que vous pouvez être jusqu'à 5 dedans et/ou faire du covoiturage. 

Choisir un hébergement écologique

Du camping à l'hôtel de luxe, de plus en plus d'établissements touristiques cherchent à réduire leur empreinte carbone en analysant les différents postes qui consomment de l'énergie et ont un impact sur l'environnement : chauffage, éclairage, produits d'entretien, déchets, gaspillage alimentaire.

Maison enterrée, yourte, roulotte, cabane de trappeur, tente berbère... des expériences qui incluent des infrastructures écologiques (bâtiments éco-conçus, toilettes sèches, énergie verte, potager bio, tri sélectif, éclairage LED etc.).

Certains sites de réservation en ligne se sont spécialisés dans la location durable et éthique. C'est le cas par exemple de GreenGo qui se positionne comme l'alternative responsable à Booking et Airbnb et permet de réserver des logements authentiques en France chez des hôtes qui essaient de limiter l'impact carbone de leur activité.

Le site des Gîtes de France a également mis en place une sélection en collaboration avec WWF appelée les "Gites panda". Ces hébergements qui font partie du réseau gîtes de France sont en prime situés dans un parc naturel régional, et ont reçu le label WWF selon un cahier des charges précis.

Si vous voulez réserver un hébergement en direct, vous pouvez aussi porter attention aux labels. Par exemple, Clef verte est un label attribué en France aux établissements respectueux de l’environnement et des ressources naturelles, qui s’engagent dans une démarche environnementale performante.

Rester informé toute l'année !

 Pour vous y retrouver dans la multitude d'offres touristiques qui existent sur le web, différents labels existent : 

  • Ecolabel européen : seul label écologique européen, délivré et certifié par l'Afnor. Il est commun à l’ensemble des pays de l'Union Européenne ; 67 critères garantissent la réduction des impacts environnementaux sur l'organisation, les énergies renouvelables, le gestion de l’eau et des déchets…  
  • ATR : label destiné aux opérateurs de voyage qui souhaitent faire connaître leur engagement pour le tourisme responsable. 
  • ATES (Garantie tourisme équitable et solidaire) : charte qui assure un voyage plus respectueux des hommes et des cultures, auxquels ont adhéré une quinzaine de voyagistes.
  • VVE : association qui regroupe des voyagistes et des adhérents autour du tourisme solidaire et tourné vers l'écologie.

Bonnes vacances !

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