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Pourquoi préférer le bio pour les céréales, les légumes et les fruits secs ?

Par Lucas Le vendredi 26 juin 2020

céréales bio

Alors que la France est l’un des plus gros consommateurs de pesticides en Europe, on associe souvent le bio aux fruits, légumes et autres produits frais, et on pense souvent que les produits secs sont moins touchés par les produits chimiques. Pourtant, les céréales, leurs produits dérivés, les légumineuses ou encore les fruits secs, à la base de notre alimentation, sont eux aussi chargés en pesticides. On vous explique pourquoi il faut préférer le bio pour ces aliments du quotidien.

Les céréales, des cultures chargées en pesticides

Les céréales, au cœur du modèle agricole intensif

Si les résidus de phytosanitaires sont bien présents dans les fruits et légumes, on oublierait presque qu'ils le sont également, et en grande quantité, dans les céréales ; le blé est la 4ème culture la plus consommatrice de pesticides. Un rapport de l’INRA de 2005 sur l’utilisation des pesticides en France affirmait qu’un nombre restreint de cultures (blé, orge, maïs, colza, vigne), occupant 40% de la surface agricole utile nationale, utilisait plus des ¾ des pesticides vendus chaque année ; et ce sont justement ces cultures que l’on consomme le plus sous forme sèche : farines, pâtes, semoule etc.

Les céréales sont cultivées sous forme de monoculture, où une seule espèce s’étend à perte de vue sur des milliers d’hectares. Depuis la seconde guerre mondiale, la taille des parcelles cultivées a considérablement augmenté et les espaces semi-naturels parsemés de bosquets et de haies ont quasiment disparu. Avec la mécanisation des travaux agricoles et les progrès de l’agriculture intensive, la monoculture a souvent été présentée comme la solution indispensable pour augmenter la production agricole. Or une étude américaine a démontré qu’une zone cultivée de manière uniforme est un milieu sans frein à la propagation de maladies. La pression des bioagresseurs (organismes vivants qui attaquent les plantes cultivées) devient alors plus forte, les exploitants accentuent donc les traitements chimiques et le recours massif aux pesticides.

Enfin, ces monocultures n’offrent pas de biodiversité végétale et limitent ainsi la quantité de nourriture des pollinisateurs. Et les traitements à grande échelle sur les champs de blé, première culture céréalière française, accélère le déclin des abeilles, dont l’environnement a été pollué par les pesticides.

Céréales petit-déjeuner OGM pesticides

Les mueslis, les pâtes et les fruits et légumes secs ne sont pas épargnés par les pesticides 

En 2017, l’association Générations Futures a mené une étude évaluant la présence de glyphosate (substance active de l’herbicide le plus utilisé dans le monde) dans les mueslis, pâtes et légumineuses, que l'on consomme au quotidien. Les résultats ont montré une majorité de produits contaminés :

  • 87,5% des céréales du petit déjeuner
  • 58,3% des légumineuses 
  • 28,5% des pâtes alimentaires

En 2016, un épisode de Cash Investigation rapportait que les légumes secs étaient eux aussi particulièrement exposés. Le reportage révélait que 40% des pois, des haricots et des lentilles étaient touchés. Près de 321 résidus de pesticides ont été identifiés sur les légumes secs et 88 sur les produits céréaliers. 

Une autre étude de Générations Futures de 2016 sur les mueslis vendus en grande surface trouvait 9 à 14 résidus de pesticides dans 100% des produits testés, dont certains suspectés d’être des perturbateurs endocriniens. Seules les céréales issues de l’agriculture biologique ne contenaient pas de pesticides ; elles sont donc à privilégier en particulier pour les enfants et les femmes enceintes. 

Quid des cultures OGM pour le maïs et le soja ?

Alors qu’on pourrait croire que la plupart des OGM sont créés pour améliorer les qualités nutritionnelles des plantes, leur croissance ou encore leur résistance aux agresseurs et aux maladies, la réalité est tout autre. Les entreprises semencières comme Monsanto produisent à la fois des OGM et des pesticides comme le glyphosate. Leur best-seller, l’OGM le plus répandu sur la planète, un OGM de soja, n’a pas été rendu plus résistant aux bioagresseurs. Il a été rendu plus résistant au… glyphosate. 

L’intérêt est évident pour Monsanto, il l’est moins pour les exploitants et les consommateurs. Les premiers se retrouvent à acheter encore plus de glyphosate à Monsanto et ces derniers consomment des produits encore plus contaminés. On retrouve ainsi jusqu’à 20% de pesticides en plus sur cultures OGM que sur les cultures conventionnelles. La culture OGM n’est pas autorisée en Europe depuis 2008 à l’exception du maïs (sauf en France où c’est interdit), mais leur importation des Etats-unis ou du Brésil et leur commercialisation sont autorisées pour nourrir le bétail.

Privilégier le bio pour préserver sa santé

Limiter l’effet cocktail des pesticides

En France, la moitié des aliments d’origine végétale contiennent des résidus de pesticides, auxquels nous sommes exposés tous les jours, à faibles doses, mais à plusieurs reprises. Un consommateur de produit non bio peut ingérer, à travers la nourriture, une vingtaine de molécules différentes par jour, qui peuvent être à l’origine, dans un premier temps, d’un syndrome métabolique. Ce n’est pas une maladie en soi, mais il désigne la présence d’un ensemble de signes physiologiques qui accroissent les risques de diabète, de maladies cardiaques et d’accident vasculaire cérébral.

Du petit déjeuner au dîner, nous consommons des produits secs à chaque repas sous différentes formes : pain, mueslis, pâtes, lentilles, biscuits, noix… Les céréales et légumineuses sont à la base de notre alimentation et présents en quantité importante. Dans les régimes végétariens et végétaliens, elles représentent 6 à 7 portions par jour. Privilégier les céréales et légumineuses bio, c’est donc se prémunir contre l’effet cocktail de ces résidus, c’est à dire les mélanges de molécules toxiques entre elles qui en démultiplie les impacts néfastes. Les différents résidus de pesticides peuvent interagir entre eux et avoir des effets additifs ou synergiques plus importants que lorsqu’on prend chaque molécule individuellement. 

Céréales pesticides blé ogm

Les céréales complètes, encore plus concentrées en pesticides

La forte concentration en pesticides et autres substances phytosanitaires des céréales dépend fortement de la surface de ces petites graines en contact avec l’air et les produits chimiques qui y sont pulvérisés. Pour les céréales complètes, il est donc indispensable de les choisir bio, car elles ont gardé leur enveloppe extérieure où se déposent une grande partie des pesticides. On consomme les céréales complètes pour leur richesse en fibres, minéraux et vitamines, alors autant éviter d’avaler toute la dose de pesticides qui va avec l’agriculture intensive et conventionnelle. 

Entre produits frais et produits secs en bio, faut-il choisir ?

Non, on ne devrait pas avoir à choisir les produits qu’on achète en bio et renoncer à bien manger au quotidien. Il faut privilégier l’agriculture biologique dans toute notre alimentation, pour préserver notre santé et respecter la planète. Mais oui, manger bio, ce n’est pas encore accessible à tous. C’est pour cela qu’à La Fourche, un magasin de produits bio secs en ligne, nous fonctionnons sur un modèle d’adhésion qui nous permet de diviser nos marges par 5 par rapport à un magasin classique. Résultat ? Des prix de 25 à 50% moins chers sur les produits secs par rapport aux autres distributeurs.

Nous avons fait le choix de ne proposer que des produits secs bio car ils sont davantage chargés en pesticides mais aussi car ils sont difficiles à trouver hyper localement. Beaucoup de ces produits sont un minimum transformés (pâtes, farines, mueslis, légumes secs, fruits secs, biscuits, pains…). Les investissements nécessaires pour les produire nécessitent un marché national pour être rentabilisés. Aussi, les économies réalisées sur les produits secs grâce à La Fourche permettent à nos adhérents de se libérer du pouvoir d’achat pour les produits frais bio, qui peuvent facilement être consommés localement.

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