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L'interview "Prenez-en de la graine !" de Beendi

Par Sarah Le vendredi 26 juin 2020

citation fondatrice

On se dit tout ! Qui êtes-vous ? D’où venez-vous ? Que faites-vous ? 

Moi c’est Beena, fondatrice de Beendi. J’ai toujours eu deux pans dans mon parcours, j’ai fait une école de commerce, de la banque d’investissement, du conseil en stratégie, j’ai même été jusqu’à prendre la direction de la stratégie de Conforama… et en même temps j’ai toujours été passionnée par l’univers de l’alimentation, que ce soit la cuisine (j’avais d’ailleurs déjà écrit des livres de cuisine, notamment sur la cuisine indienne), la nutrition ou encore l’agriculture et c’est ce qui m’a amenée à lancer Beendi. En 2013, j’ai vraiment eu un déclic, j’avais envie de faire quelque chose qui ait du sens, un impact positif pour la société comme pour la planète. Au début, j’étais toute seule chez Beendi, maintenant on est 25 collaborateurs. Mon mari a rejoint l’aventure il y a 3 ans. Il y a 3 mois, on a déménagé notre atelier à Saint Marcel-lès-Valence dans la Drôme. J’ai moi-même décidé de quitter Paris et d’emménager là-bas !

En cuisine, je suis très touche à tout, j’adore goûter, reproduire les saveurs que je teste notamment pendant mes voyages. L’idée de Beendi c’est de faire de l’alimentation végétarienne un acte joyeux et heureux. Pour moi, cela veut dire sortir des idées reçues sur l’alimentation végétarienne qui est souvent perçue comme moralisatrice ou punitive. J’ai envie de rendre cette cuisine ultra gourmande avec des mélanges d’épices et d’herbes qui s’inspirent de recettes d’ici et d’ailleurs.

Le coeur de Beendi ce sont des mélanges pour plats végétariens même si on fait quelques assaisonnements. On a une trentaine de références sur les mélanges avec des saveurs et des territoires culinaires très différents. On peut voyager en Inde, au Maroc ou dans le Sud de la France juste en ajoutant de l’eau. Aujourd’hui, seulement une vingtaine d’ingrédients constituent 80% de l’alimentation mondiale. Chez Beendi, on a à coeur de proposer une variété de graines qui changent de l’ordinaire, on est en faveur de plus de diversité. Ca commence par diversifier le modèle agricole mais aussi s’interroger sur comment intégrer cette diversité dans notre quotidien via la cuisine.

Où et comment sont fabriqués vos produits ? 

Nos produits sont fabriqués dans notre atelier à Saint Marcel-lès-Valence où une quinzaine de personnes travaillent. Le sourcing c’est mon mari et associé qui le fait. On rencontre les producteurs, on essaie d’être au plus de sélectionner ceux qui sont géographiquement les plus proches. Ce n’est pas toujours possible selon les ingrédients donc on noue des partenariats avec les producteurs : kes légumineuses dans le Sud de la France, les herbes en Anjou, les légumes séchés en Italie et les épices en Inde et au Sri Lanka. On travaille avec des coopératives qui fonctionnent selon les principes du commerce équitable mais nos produits ne sont pas labellisés. Quand on rencontre un nouveau producteur on va regarder la qualité de l’ingrédient, son goût mais aussi sa qualité environnementale et sociale. 

J’élabore les recettes moi-même, je conçois les saveurs et je les mets en musique, c’est vraiment ma passion. Je suis une autodidacte mais cela ne m’a pas empêchée de travailler avec des chefs étoilés comme Alain Ducasse ou Olivier Roellinger. Chaque saison on élabore deux nouvelles recettes car on n’a pas forcément envie de manger la même chose en hiver ou en été.

On est dans une logique de tout faire maison. Beaucoup de producteurs nous écrivent car ils ont tel ingrédient et ne savent pas bien comment l’utiliser. On goûte tout ce qu’on reçoit, on note, ensuite certains ingrédients entrent dans notre échantillothèque. On va chercher les ingrédients avec les meilleurs goûts possibles, la meilleure lentille, la meilleure carotte. Ensuite, on va réfléchir à quelle histoire on a envie de raconter aux mangeurs. On conçoit une recette dont je pilote la conception aidée par notre équipe R&D puis on développe un prototype jusqu’à ce que cela plaise. Par exemple, on fait goûter à certains de nos convives habituels pour avoir leur avis. 

beendi bio

Pourquoi avoir choisi le bio  ? 

C’était un choix totalement naturel et évident car j’étais moi-même une consommatrice de bio. Je considère que, de façon globale, notre alimentation doit être cohérente avec les ressources de la planète et qu’elle ne doit pas polluer dans son processus de fabrication. Le bio, c’est la garantie ne pas de polluer les sols pendant la production agricole. C’est aussi dans cette logique-là que l’on pousse vers une alimentation plus végétarienne car c’est la meilleure façon d’optimiser les ressources de la planète. C’est un choix très évident dont je suis convaincue. 

Pourquoi devrait-on tous se mettre au bio  ? 

Pour être sûrs qu’à chaque fois qu’on met un coup de fourchette dans notre assiette on ne pollue pas la planète. L’impact sur la santé est aussi très important, pour éviter de consommer des pesticides.

Vous faites quoi pour limiter votre impact carbone ? 

Nous avons été le premier acteur à proposer des produits en vrac qui ne soient pas des amandes ou du riz blanc, c’était très novateur quand on a commencé en 2015. Aujourd’hui la moitié de nos ventes se font en vrac. 

Depuis le début nous avons une vraie réflexion sur nos emballages. Nous avons pensé nos premiers packs pour qu’ils soient les plus recyclables possibles tout en conservant la qualité organoleptique des ingrédients. Nous avons des sachets en plastique dans une boîte en carton et nous travaillons sur le lancement dans quelques mois de packs sans plastique qui seraient totalement écologiques.

Pour le sourcing, on va utiliser certains assaisonnements qui sont différents des produits prêts à l’emploi qu’on a l’habitude de voir et pour ça on va chercher certaines épices en Inde ou au Sri Lanka mais elles arrivent toujours par bateau.

Qu’est-ce qui vous rend fière ? 

Je suis fière de la qualité de nos produits. Souvent les clients nous disent qu’ils n’auraient jamais imaginé un goût pareil dans une boîte industrielle et ça c’est un vrai point qui me rend hyper fière. Chacun peut, grâce à nous, devenir un super bon cuisinier veggie.

C’est quoi votre combat ?

Évidemment, plus de végétal dans l’assiette. On se bat aussi pour que la cuisine ait de la personnalité et du goût, on n’est pas dans un truc sans odeur ni saveur comme souvent en cuisine végétarienne. On se bat aussi pour que les gens cuisinent, qu’ils ne sous-traitent pas cet acte mais ils ne doivent pas non plus y passer des heures, ça ne doit pas être compliqué, c’est pour cela qu’on leur facilite la tâche. On se bat contre la massification, la production en millions d’exemplaires, la standardisation du cahier des charges des agriculteurs. Nous, nous prenons la variété de ce que peuvent proposer les agriculteurs et on en fait des recettes. Enfin, nous nous battons contre le gaspillage et les déchets, c’est pour cela que nous avons développé notre offre de vrac.

À quoi rêvez-vous pour l’avenir ? 

Je rêve que manger devienne un acte pleinement heureux qui réconcilie le goût, le respect du corps et celui de l’environnement pour tous et tous les jours. 

Qu’est-ce que vous aimeriez transmettre aux générations futures ? 

Une nouvelle alimentation dont on puisse se réjouir tous les jours.

C’est tout simple ! 3 mots pour décrire votre marque ?

Dépaysante, saine et joyeuse. 

C’est quoi votre produit chouchou ? 

Le riz à la noix de coco. C’est une recette du sud de l’Inde. Je l’ai toujours mangé dans ma famille et je trouve cette recette très “doudou”, très réconfortante : la douceur de la noix de coco alliée à la personnalité du cumin et des feuilles de curry… C’est un plat que je mangerais avec plaisir un jour de confinement où il pleut !

Un petit tip pour utiliser vos produits ? 

Il faut oser les marier avec des légumes pour avoir un plat complet. Dans la plupart de nos produits, il suffit de couper les légumes et de les ajouter pendant la cuisson, pas besoin de faire de plat à côté. Pour encourager les mangeurs à le faire, on a développé pas mal de fiches recettes autour de 1-2-3 Beendi. 1- on prend le produit Beendi /2- on ajoute les légumes de saison / 3 - on a un super plat veggie. Cela permet de renouveler son quotidien quand on en est au énième panais à la fin d’hiver. Il suffit juste de le découper et de le mettre dans un curry de lentilles et c’est de nouveau très bon.  

Un petit truc à partager ?

Je trouve que l’on se pose beaucoup de questions en ce moment avec la crise sanitaire et j’ai été très inspirée par l’article d’Edgar Morin dans Le Monde. Ca m’a fait penser à pas mal de lectures comme par exemple “Pour une politique de civilisation”, un livre très inspirant à lire en ce moment. 

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