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L’interview « Prenez-en de la graine ! » de BioDemain

Par Sarah Le vendredi 26 juin 2020

conversion bio

On se dit tout ! Qui êtes-vous ? D’où venez-vous ? Que faites-vous ?  

Moi c’est Maxime, co-fondateur de la marque BioDemain que j’ai créée avec Stéphane, un ami. Nous sommes basés à Lille où nous avons fait nos études ensemble. Dès le début, on avait la volonté de monter une boite avec un impact social et environnemental. 

Il y a 3 ans, mon grand-oncle, agriculteur en Bretagne a voulu convertir son exploitation au bio, ce qui est une très bonne chose. Mais passer en bio, pour un agriculteur, c’est compliqué ! C’est une période longue et éprouvante de 2-3 ans pendant laquelle il cultive selon les règles du bio mais il n’est pas encore labellisé. Ce sont 3 années de galère et de pertes financières (hausse du coût de production, des investissements, baisse des rendements…). 

La conversion a complètement ruiné mon oncle, qui a dû revendre la ferme familiale. Ça nous a pas mal remué avec Stéphane… On s’est dit « comment est-ce possible, dans le contexte écologique actuel, qu’un agriculteur qui souhaite cultiver de manière plus durable se retrouve délaissé face à une telle situation ? ». Alors il y a 2 ans, on a décidé de créer une solution pour aider les agriculteurs à passer au bio. 

Pour encourager et soutenir les producteurs français dans leur conversion, nous leur proposons une rémunération juste, prenant en considération le surcoût de production lié au bio. Nous valorisons leurs produits auprès du consommateur dans une gamme d’épicerie « pas (encore) bio », vendue dans plus de 100 enseignes partenaires. Au-delà de la rémunération, nous accompagnons les agriculteurs pendant toute la durée de leur conversion sur des aspects techniques, administratifs et financiers.

« Comment est-ce possible, dans le contexte écologique actuel, qu’un agriculteur qui souhaite cultiver de manière plus durable se retrouve délaissé face à une telle situation ? »

Où et comment sont fabriqués vos produits ? 

Nos produits viennent en grande majorité des Hauts de France, car on a fait le choix de privilégier le local. 

Pourquoi avoir choisi le bio ? 

Notre génération est née dans un contexte anxiogène. Depuis petits, Stéphane et moi on était très branchés nature. On s’est ensuite intéressé aux sujets de développement durable. À titre personnel, on s’engage, on est végétariens, on privilégie le vélo…  

Face à l’échec de mon oncle, on s’est dit qu’on devait trouver un moyen de faire bouger les choses et on s’est penché sur la problématique de la conversion bio

L’alimentation c’est la base et pour nous, elle doit donc forcément être durable. Le bio c’est la manière dont on adresse la problématique de l’agriculture durable et notamment le sujet de la rémunération des producteurs. Stéphane a vécu toute sa vie dans le milieu agricole, beaucoup de membres de sa famille sont des agriculteurs, il connait très bien les problématiques, il a vécu de très près des problèmes de suicides dans le milieu agricole par exemple.  

produits conversion bio

"Aujourd’hui, on est à un point de rupture écologique donc le bio est une solution pour manger durablement. Il est donc important qu’on s’y mette tous."

Pourquoi devrait-on tous consommer bio ? 

Il y a 3 aspects à prendre en compte selon moi. D’abord, c’est bien meilleur pour la santé. Ensuite, le bio permet de recréer de l’emploi, si on est dans la démarche de la bio, avec toute la philosophie qui va derrière, on va se soucier de créer des emplois à échelle locale, des emplois bien rémunérés, on est préoccupé par l’impact sociétal et économique. Enfin, il y a l’aspect environnemental, celui qui me tient personnellement le plus à cœur : le respect des sols, de l’eau, de la biodiversité. Aujourd’hui, on est à un point de rupture écologique donc le bio est une solution pour manger durablement. Il est donc important qu’on s’y mette tous.

Vous faites quoi pour limiter votre impact carbone ? 

On est local à fond ! On privilégie des producteurs de la région. 

Niveau déchets, on essaie de réutiliser au maximum les cagettes qui sont normalement jetées par les distributeurs. On passe les récupérer chez nos partenaires à Lille pour les réutiliser. 

Qu’est ce qui vous rend fier ? 

Nous avons commencé sur les marchés avec Stéphane ! Tous les dimanches, nous nous levions à l’aube pour aller vendre nos produits en conversion sur notre petit étal. Le concept a porté ses fruits. Nos produits sont passés en magasins, l’action est devenue régionale, puis nationale ! C’est une grande fierté de nous dire qu’avec notre équipe de 10 personnes, nous avons déjà accompagné 30 agriculteurs vers le bio. Cela représente plus de 150 tonnes de produits valorisés à un juste prix et 200 hectares de terres converties ! On est encore tout petits mais on a déjà un vrai impact ! 

Cette année, avec la levée de fonds, tout va s’accélérer ! Nous ambitionnons de passer à 100 producteurs accompagnés fin 2021 et 500 fin 2022 ! Nous prévoyons de créer une vingtaine d’emplois sur les 5 ans à venir afin d’accompagner plusieurs milliers de producteurs à l’échelle nationale et européenne. 

équipe BIoDemain

Comment se passe votre première levée de fonds ? 

Notre ADN a toujours été de faire participer un maximum de citoyens à l’agriculture durable, de permettre à chacun de s’engager à hauteur de ses moyens. C’est donc tout naturellement que nous nous sommes tournés vers la plateforme de levée de fonds citoyenne Lita.co. Chaque citoyen pouvait devenir actionnaire de BioDemain pour un montant minimum de 100€. 

Il nous a fallu moins de 48h pour atteindre l’objectif fixé de 225 000€. Plus de 200 citoyens ont rejoint le capital de l’entreprise. Parmi eux, des profils variés tels que des agriculteurs, des distributeurs et des consommateurs. Nous sommes vraiment fiers de réconcilier un écosystème fragile qui partage pourtant un même enjeu : l’alimentation durable.  

C’est quoi votre combat ?

Stéphane est très sensible à la cause des producteurs, la rémunération équitable. Il a vécu toute sa vie dans le monde agricole, il connaît les problématiques et les souffrances de ce milieu.  

Mon combat, c’est la crise écologique. J’aimerais léguer aux générations futures une terre en bonne santé, capable de nourrir toutes les populations.

Ce sont 2 enjeux liés, nous sommes assez complémentaires !

À quoi rêvez-vous pour l’avenir ? 

Que le bio dans quelques années soit devenu la normalité. Tellement normal que les gens aient envie de consommer quelque chose qui va encore plus loin, sans aucun pesticide chimique ou organique (aujourd’hui il existe des pesticides issus de molécules naturelles autorisés en bio, ndlr). Le bio est une super étape mais on peut aller encore plus loin. 

Qu’est-ce que vous aimeriez transmettre aux générations futures ? 

J’aimerais qu’on leur lègue une terre en bonne santé, qui puisse nourrir tout le monde, qui a un vrai avenir. Notre génération se pose des questions sur son futur. On aimerait se dire que dans quelques années, avec BioDemain, on ait un avenir plus serein, qu’on soit sur une terre idéale, sans pollution. 

C’est tout simple ! 3 mots pour décrire votre marque ? 

Agir de manière durable avec bienveillance, audace et authenticité. C’est l’ADN de BioDemain !

agriculteur BioDemain

C’est quoi votre produit chouchou ? 

Sans hésiter, le jus de pomme ! Il nous tient particulièrement à cœur car c’est le premier produit qu’on a développé. A l’origine, les pommes étaient cultivées par Damien, le premier agriculteur à avoir cru en nous ! Il est maintenant bio, mais nous avons gardé un lien très fort avec lui. 

Un petit tip pour utiliser vos produits ? 

Je vous conseille notre miel dans la tisane, Stéphane fait ça avec de la tisane Menthe, Tilleul, Verveine et c’est excellent !

Pour la fin, un petit truc à partager ? 

Je dirais le film de Cyril Dion « Demain ». C’est celui qui m’a lancé dans la création de BioDemain, tout le monde devrait le voir ! 

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